PARIS (AFP) — Des milliers de pharmaciens, salariés ou étudiants en pharmacie se sont mobilisés mercredi dans plusieurs villes de France contre des projets de la Commission européenne qui pourraient selon eux priver de pharmacies certaines régions, notamment celles peu peuplées.
Des "flash mob" où les participants en blouse blanche se sont allongés par terre avec des panneaux conseillant de "tomber malade aujourd'hui", car "demain ce sera peut-être trop tard" ont réuni 12.000 personnes au total, selon l'organisation syndicale appelant à cette mobilisation, la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

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Des rassemblements ont eu lieu dans des villes comme Nantes (300, selon la police, 400 selon les organisateurs), Caen (500), Lyon (entre 150 et 350), Bordeaux (250 Ă 500), Tours (entre 250 et 350) ou Lille (plus de 150).
La FSPF souhaite défendre les "trois piliers" du "modèle officinal" français: la vente de médicaments uniquement en pharmacie, la "répartition équilibrée" des officines sur le territoire, "garantie d'un service de proximité" et la détention du capital de ces officines "uniquement par des pharmaciens, garantie de l'indépendance du conseil santé".
Cette mobilisation vise à protéger le statut actuel des pharmacies françaises, intégrées dans "un structure cohérente de santé publique", a relevé à Nantes Alain Guillemot, président de la Fédération dans l'Ouest (Bretagne et Pays de la Loire).
"Dans les officines, nous parlons de délivrance de médicament et non de simple distribution. Il nous faut assurer la sécurité sanitaire", a déclaré de son côté à Lyon, Didier Vieilly, représentant de la Fédération dans le Rhône.
Parmi les projets de la Commission qui inquiètent la FSPF et d'autres syndicats, ainsi que des organisations patronales et l'Ordre des pharmaciens, il y a celui de s'attaquer "aux contraintes d'actionnariat des officines".
Actuellement, la France, qui compte quelque 23.000 pharmacies réparties jusque dans le moindre chef lieu de canton, interdit qu'un même titulaire puisse posséder plus d'une officine et exige que le propriétaire soit un pharmacien, deux conditions qui empêchent les grands groupes de distribution de pénétrer sur le marché des médicaments.
Source : AFP